New York — Donner rendez-vous autour des Drakes
21 mai 2025 · Avec le soutien de Solflare et DKS
Lucid Drakes a coorganisé à New York une exposition soutenue par Solflare et DKS. Pour annoncer l’événement, j’ai conçu la grande PLV installée devant le lieu : l’univers graphique de la collection prenait ainsi place dans la rue, avant même de découvrir les œuvres à l’intérieur.

Paris — Les œuvres et la conversation
19 juillet 2022 · Solana Hacker House · Invitation d’Exchange Art
La plateforme d’art numérique Exchange Art m’a invité à exposer mes œuvres à la Solana Hacker House de Paris et à participer à une séance de questions-réponses avec le public. L’occasion de partager ce que les images ne racontent pas seules : mes expérimentations, le rôle des textures et les références qui nourrissent les personnages.

▸ Dans les coulisses des Drakes — entretien rétrospectif
Le 19 juillet 2022, j’étais invité à exposer les Lucid Drakes et à parler de mon travail à la Solana Hacker House de Paris. Le lieu réunissait artistes, builders et startups autour de démonstrations, de rencontres et d’échanges sur l’écosystème. Retour sur cette expérience à travers quelques questions sur ma manière de créer.

Tu te décris comme un artiste hybride. Qu’est-ce que ça signifie dans ton travail ?
Je mets toutes les techniques dont je dispose au service de ma créativité : Procreate, Photoshop, la 3D, le collage papier, puis les premières expérimentations avec Midjourney. Ce qui m’intéresse, c’est l’exploration et la possibilité de faire voyager les gens entre différentes références.
Certains voient du cubisme dans mes personnages, d’autres du street art, un souvenir de dessin animé ou de jeu vidéo. Les Drakes sont aussi, d’une certaine manière, une carte de lecture de ma personnalité.
Pourquoi avoir choisi des dragons ?
Le dragon peut être inquiétant, sage, gardien d’un trésor. Sa signification change énormément selon les cultures, et cette richesse me plaisait.
À une époque où beaucoup de collections multipliaient les singes ou les variations autour d’un même animal, j’avais envie d’explorer une créature plus mystique, capable de porter des caractères et des contradictions très différentes.
Comment naît un personnage ?
Je pars souvent d’une technique que j’ai envie d’essayer, d’un lieu ou d’un archétype. Avec un chevalier, par exemple, je peux associer des idées de néon, de futur ou de lumière. C’est un peu comme une constellation dont je relie les étoiles.
Aujourd’hui, je dis parfois que j’ai une sorte de petit LLM créatif dans la tête : une idée en appelle une autre, puis j’explore les associations possibles jusqu’à trouver quelque chose, et dans la création il vaut mieux aimer chercher que trouver !
Pendant près d’un an, j’ai publié un drop par semaine. L’idée commençait souvent à prendre forme le dimanche, je cherchais des références le lundi, puis les soirées du mardi et du mercredi étaient consacrées à la création, parfois jusque très tard. À un moment, j’entrais dans un état de flow où les possibilités commençaient à s’enchaîner naturellement.
Mon regard de designer guidait aussi beaucoup ces explorations. Avec une dominante violette, par exemple, je pouvais chercher de la douceur dans les bleus et les roses, puis introduire un jaune ou un orange pour créer une rupture et attirer l’œil sur un détail.
Avec autant de styles, qu’est-ce qui fait tenir l’ensemble ?
J’ai un critère très concret : je passe régulièrement l’image en noir et blanc pour contrôler les contrastes. Je cherche des noirs très profonds, des blancs très lumineux et des gris capables de faire le lien entre les deux.
Je veux qu’une de mes œuvres puisse être identifiée de loin, presque par sa silhouette et sa structure avant même qu’on en voie les détails.

Les textures apportent ensuite un deuxième niveau de lecture. On reconnaît d’abord le personnage, puis on peut s’approcher et se perdre dans les détails. Pour moi, elles ne sont pas simplement décoratives : elles servent l’histoire du personnage et laissent une place à l’imaginaire.

Y a-t-il un Drake dans lequel tu te reconnais particulièrement ?
Aucuns et tous en meme temps, ils portent tous une partie de moi, de mon histoire, de ma relation aux autres.
Qu’est-ce que cette collection t’a permis de construire ?
Les Lucid Drakes m’ont permis d’explorer des personnages, des techniques ou des idées que personne ne m’aurait nécessairement commandés en agence. Chaque pièce devait d’abord me plaire et faire vibrer quelque chose chez moi.
Ce qui m’a surpris ensuite, c’est de voir des personnes choisir des Drakes très différents et les adopter comme avatars. Quelque chose de très personnel devenait soudain une image dans laquelle quelqu’un d’autre pouvait se reconnaître.
Il y a aussi beaucoup de choses cachées dans les Drakes.
Oui. J’aime beaucoup les références à tiroirs.
Même le nombre final de la collection, 69, joue sur plusieurs registres. Il y a évidemment le clin d’œil sexuel, mais j’y vois aussi une symétrie et une manière de faire dialoguer des contraires. Je l’associe notamment à cette idée attribuée à Hermès Trismégiste : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. » Deux choses peuvent sembler opposées et pourtant se répondre selon la manière dont on les regarde.
Cette logique continue à l’intérieur des œuvres. J’ai parfois caché des textes ou des poèmes avant de les recouvrir. Certaines métadonnées contiennent des liens vers des vidéos ou d’autres références, et j’ai également utilisé la stéganographie pour dissimuler des éléments.
Ça vient probablement de ma culture du hacking : le plaisir de chercher ce qu’il y a derrière ce qui est immédiatement visible.
Tout n’a pas besoin d’être découvert pour que l’œuvre fonctionne. On peut être touché simplement par les couleurs, les proportions ou le personnage. Puis revenir plus tard, découvrir une référence, un texte ou une autre intention.
J’aime l’idée qu’une œuvre puisse changer légèrement à mesure que le regard de celui qui l’observe évolue.
